FLORIANE PILON

ARTISTE PLASTICIENNE
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Vit et travaille à Paris. Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy (2014).

Je crée avec l’espace. 

Jouer des distances qui séparent les oeuvres des visiteurs du contexte d’exposition me permet d’infléchir sur leurs relations. De cette façon, mes installations influencent souvent l’expérience que l’on aurait d’un lieu.

Je m’intéresse à la relation que nous entretenons avec la matière. Cette approche me pousse à développer une forme d’« empathie », soit le fait de laisser primer sa logique sur la forme prédéfinie. J’investis certaines techniques artisanales car elles encouragent une conscience aiguë du corps dans son engagement avec la matière. Ainsi, les formes créées naissent de l’action de forces provenant aussi bien des propriétés des matières utilisées que du processus de création.

Je tire du processus interne d’une technique des formes pour les faire dériver vers d’autres échelles et usages. Ces dérives allient en une proposition plusieurs contraires et outrepassent des oppositions stériles. L’intégration de techniques ancestrales à un langage plastique minimal et moderniste me permet d’interroger notre rapport au temps, à l’émotion, la place de l’ornementation et celle des outils numériques.

Plus généralement, je m’intéresse aux processus d’émergence des formes. C’est aussi le cas quand j’identifie des matrices semblables à plusieurs objets ou technologies. Je fais ensuite une analogie entre elles, en combinant leurs motifs. Par extension, je relie leur univers et leurs sémantiques. Ces racines communes permettent un discours transversal.

« Les œuvres au sol s’effritent. Quand elles sont en terre. Menacent de s’envoler quand elles sont de poussière. Des lignes brisées, Floriane Pilon en trace de nombreuses dans l’espace, qu’il soit de murs ou naturel, quand ce n’est pas l’eau et le vent qui le font à sa place.  Si bien que, même quand elles sont abstraites, ses formes n’ont jamais la froideur des sculptures minimales. Peut-être parce qu’elles sont tant chargées du flux des matériaux dont elles sont faites, encore vibrantes de la main qui les a faites advenir, porteuses d’histoires qui n’échappent pas au temps qui passe. »

Mathilde Villeneuve, juin 2018

« Les œuvres de Floriane Pilon s’arriment par tous les moyens à un espace, à une tradition, à des matériaux (bois, porcelaine, béton, tissu), des textures (velours, soie, papier abrasif) connus pour mieux les mettre
hors jeu. L’installation Luth I (2013) fait par son titre explicitement référence à l’univers de la lutherie. Le bois moulé, cintré à chaud, se voit prolongé par des « lattes » de soie arrimées directement au mur. La course de ces lignes dans l’espace est « cassée », « contre-carrée » par de graciles structures de béton. L’artiste explore les effets de puissantes trajectoires, souvent là pour induire au spectateur de nouvelles façons d’appréhender l’espace, voire « de le consommer ». Un tissu En suspens (2012) maintenu miraculeusement dans le vide suffit à créer une ligne infranchissable, une tension dans l’espace. L’artiste s’agrippe au lieu physiquement par différents points d’accroche, et, plus subtilement, par l’usage de la colophane, une résine employée par les musiciens sur leur archet et les sportifs qui en recouvrent leurs chaussures pour une meilleure adhérence au sol. Ses différentes interventions in situ redessinent la dynamique du lieu, souligne l’élan d’un couloir, crée des moments de ralentissement, d’arrêt. La dureté du mur n’en est que plus réelle. Floriane Pilon l’éprouve en projetant ses rouleaux de terre crue ou en exposant dessus ses frêles moulages de tuyaux d’arrosage. L’artiste mise sur la force des contrastes ; des matériaux soyeux mis en tension, ou des bandes de ponçage saturées de charbon et de colophane à effet velouté (Sans titre I, 2012). Pour sa création à la Graineterie de Houilles, l’artiste concilie une fois de plus les contraires en appliquant la technique de la porcelaine à celle du plissage de tissus à la vapeur (apprise auprès du célèbre artisan parisien Lognon). La répétition des mêmes gestes ancestraux (le tissu est appliqué dans un « moule » en carton) est ici dictée par le poids de la matière, au risque de voir la forme s’affaisser. »

Alexandra Frau, Janvier 2016

CV

2019 : Bâti, exposition personnelle, Ecole Municipale Claude Poli, Champigny-sur-Marne, France.
Souffler n’est pas jouer, exposition collective, commissariat Aurélie Barnier, Galerie du Haut Pavé, France.
Festival Art Villes & Paysages, Hortillonnages, Amiens, France.
2018 : Festival de l’Estran, exposition collective, Côte de Granit Rose, Bretagne, France.
Battre la ligne, exposition personnelle, Galerie d’Art du Linkin, Perros-Guirec, France.
Festival Horizons, exposition collective, Massif du Sancy, Auvergne, France.
2017 : Recouvrées, exposition collective, Association Castel Coucou, Ancienne synagogue, Forbach, France.
2016 : Exposition du Concours International de Création en Porcelaine, Limoges, France.
10ème Biennale de la Jeune Création, exposition collective Centre d’Art de la Graineterie, Houilles, France.
2015 : Recto/Verso, exposition collective suivie d’une vente aux enchères en faveur du Secours Populaire, Fondation Louis Vuitton, Paris, France.
Ecluses, exposition personnelle à l’artist-run space Art Club, Paris.
2014 : Scène parisienne, exposition collective à la Galerie Samuel Lallouz, Montréal, Canada.

2020 : Résidence-mission, communauté de communes Osartis-Marquion, Hauts-de-France.
2019 : Résidence Pâtissez-Tapissez !, dans le cadre du programme Création en cours organisé par Les Ateliers Médicis, Ecole primaire Lou Malhoulet, Le Pouget, Hérault, France.
Résidence autour du thème Flottement, Ecole Claude Poli, Champigny-sur-Marne, France.
2017 : Résidence autour du thème Papier, Association Castel Coucou, Ancienne synagogue, Forbach, France.
2016 : Résidence dans les ateliers de l’entreprise Raynaud, Saint-Junien, France.
2015 : Résidence à l’artist-run space Art Club, Paris.